Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 00:40

 

Notre cerveau est une machine à faire des comparaisons incessantes entre l’état que l’on souhaite atteindre, nos objectifs immédiats et la façon dont nous nous sentons sur le moment, notre état actuel. Et cela s’effectue dès que nous avons un effort à faire : effort physique ou effort de concentration. Nous scrutons notre niveau d’énergie et le comparons en permanence à celui que nous estimons idéal pour accomplir notre tâche. Ce processus que nous mettons en œuvre a pour but de nous rassurer face à nos craintes : Y arriverons-nous ? Nous tentons ainsi de faire des pronostics. Sauf que nous n’avons aucune donnée suffisamment solide pour répondre à notre questionnement. Le fait de scruter notre état de fatigue a pour effet de l’amplifier et l’état que nous jugeons idéal est en général une surévaluation de ce qui est simplement nécessaire. Conclusion : la plupart du temps, nous finissons par penser que nous n’y arriverons pas. Cette « gestion mentale » de la tâche à accomplir est donc souvent désastreuse et est un des mécanismes qui préside à la formation des dépressions.

Que se passe-t-il quand nous appliquons ce raisonnement à l’entraînement sportif, voire à la compétition ?

C’est exactement ce qui peut se passer à l’entraînement en boxe par exemple, notamment lors des exercices chronométrés de type fractionnés, voire ce qui peut se passer lors d’une reprise en compétition : vous commencez à ressentir les symptômes de la fatigue, l’essoufflement, une sorte de sentiment d’être vidé d’énergie. Vous regardez le chrono s’il est à proximité ou vous vous posez la question de savoir combien de temps il reste (3ème donnée que vous ne maîtrisez pas et qui se rajoute à l’équation). Vous comparez ce temps à l’énergie qu’il vous reste et tentez de déterminer si vous aurez assez de jus pour tenir le temps imparti. L’instant d’après, vous vous dites que vous devez oublier le temps, tâchez de vous re-concentrer, mais les moindres nouveaux signes de fatigue que vous détectez relancent le processus.

En fait, vous êtes en train de gaspiller votre énergie à vouloir faire des pronostics impossibles et qui vous sont défavorables. Vous voulez contrôler des choses sur lesquelles vous n’avez pas de prise et cela n’a d’autre résultat que de vous faire perdre votre concentration.

La minute de repos arrive, ouf ! Mais déjà, la machine à calculer reprend du service. Vous observez le temps et évaluez votre degré de récupération. Aurez-vous récupéré à la fin de la minute ? Pas sûr. Et votre attention fait ainsi des vas et viens entre l’aiguille des secondes et le degré d’amplitude de votre respiration au lieu d’en profiter pour se reposer et se relaxer. Est-ce que cette attitude va vous aider à récupérer plus vite ? Pas du tout. Et pourtant…vous continuer reprises après reprise et minutes de repos après minutes de repos à exercer la même stratégie…épuisante.

 

 

Des solutions ? Lâcher prise : observer simplement son impulsion à vouloir tout contrôler quand elle survient, et la laisser tout simplement passer. Observer également son propre état de fatigue quand son esprit y est attiré et se re-concentrer sur la tâche sans tirer de conclusions définitives sur ses capacités à aller au bout de l’exercice. Enfin, juger de ces mêmes capacités à la fin, après coup, en regardant la performance accomplie et non dans le vif de l’action.

 

Vous n’y arrivez toujours pas ? Peut-être avez-vous besoin d’un entraînement spécifique aux habiletés mentales dont il est question. Car comme le physique, le mental, ça se travaille de façon méthodique et structurée.

Pour plus d’information sur les techniques qui vous permettront d’optimiser vos performances, lire l’article 2 : « les mécanismes du stress ».

 

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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 23:57

Qu’est-ce que le stress exactement ?

Il en existe plusieurs formes. Celui dont nous allons parler aujourd’hui est la nervosité que peut ressentir un athlète avant une compétition importante. Ce stress là vous fait anticiper le combat parfois plusieurs semaines à l’avance. Vous dormez mal, avez des difficultés à vous concentrer dans vos activités quotidiennes, pensez souvent au combat et en avez des images qui tournent en boucle dans votre tête. Ce stress et son cortège de symptômes en tous genres (souffle coupé, palpitations, sueurs, nausée…) vous fatigue, peut provoquer en vous des sentiments de découragement et l’envie parfois que « ce soit déjà fini ».

Tâchons de voir ce qui se passe exactement :

Plutôt que de percevoir l’échéance comme un défi, vous la percevez comme une menace. Et cette menace est peut-être même ce qui vous motive à l’entraînement. En effet, les personnes à tendance anxieuse sont la plupart du temps très scrupuleuses dans leur préparation, anticipant ce qu’un manque d’entraînement pourrait leur en coûter. Elles ont la capacité de se focaliser sur tous les risques qui pourraient advenir et de prendre les mesures qui s’imposent pour y remédier. C’est le « bon côté du stress ». Seulement, lorsque la pression devient trop forte, cette façon d’anticiper le pire à tout moment et spécialement à l’approche de la compétition peut vous faire perdre vos moyens et arriver à l’effet inverse.

Par exemple, à vous focaliser uniquement sur les dangers que vous imaginez, vous risquer de fausser votre préparation en insistant sur des aspects qui vous seront peu utiles lors de la compétition : vous êtes spécialiste de la savate et devez rencontrer un adversaire en thaï. Vous anticipez, sans doute à juste titre, les corps à corps que vous ne maîtrisez pas autant que votre adversaire. A J – 7 vous voyez des avant scènes du combat qui se jouent dans votre tête où vous vous retrouvez en corps à corps avec l’adversaire. Votre entraîneur a beau vous préparer globalement à la rencontre, vous ne retenez de ses messages que ce qui confirme vos craintes.

Seulement le jour J, votre adversaire vous lacère avec ses low-kicks et vous ne le voyez pas car votre crainte ne vous fait voir que le risque de vous retrouver dans une trop grande proximité avec votre adversaire. Vous n’entendez pas ou mal les conseils de votre entraîneur, ne réagissez pas, continuez de repousser votre adversaire qui en profite pour vous laminer les jambes.

Voilà comment, à cause du stress, et avec la volonté de gérer mentalement, de contrôler et d’anticiper à l’avance toutes les situations qu’on imagine « à risque », on peut passer complètement à côté de son combat, ne pouvant pas s’adapter à la part d’imprévisible inévitable. S’adapter à cette part d’imprévisible suppose en effet que l’on ne soit pas focalisés uniquement sur certains aspects, mais assez « zen » et lâcher prise pour être ouverts à tout ce qui pourrait survenir lors du combat, tant les réactions de l’adversaire que vos propres réactions qui pourront parfois vous étonner dans le sens positif du terme.

 

Amis coachs anxieux : vous pouvez facilement reprendre toutes les lignes qui précèdent à votre compte en remplaçant le mot « athlète » par le mot « coach ».

 

Comment enrayer ce cercle vicieux ?

 

Avant tout, il s’agit de bien identifier la cause de votre stress. Ainsi, la peur de l’échec peut en cacher bien d’autres. Parmi celles-ci, par exemple :

-         la peur de perdre la face devant son entourage (amis, fans…) ;

-         peur de décevoir son coach ou ses proches ;

-         peur de rentrer dans une série ininterrompue d’échecs successifs…

 

Les techniques de désensibilisation systématique, et de la flèche descendante à travers laquelle le pire du pire est mis à jour, empruntées aux Thérapies Comportementales et Cognitives, sont particulièrement efficaces pour mettre à jour la crainte la plus profonde et propre à chacun. Ces techniques s’avèrent de très bons outils diagnostics car ils permettent de mettre en évidence tout le scénario catastrophe interne qui guide vos réactions.

 

Ces techniques permettent, de surcroît, de se désensibiliser de la peur, c'est-à-dire de diminuer de bonne part la réponse anxieuse. Par ailleurs, une fois la crainte réelle identifiée (par exemple décevoir un de ses proches), des solutions peuvent être trouvées via des techniques de résolution de problème afin de minimiser l’impact de celle-ci sur la performance du boxeur (par exemple éviter l’influence des personnes proches avant compétition, apprendre à mieux communiquer ses besoins à ses proches, apprendre à gérer concrètement un après échec dans ses relations aux autres, et les questions qu’ils sont susceptibles de poser, revoir la valeur accordée à la réussite versus l’échec, etc…).

 

Une autre méthode de plus en plus utilisée dans le champ de la préparation mentale est empruntée aux thérapies basées sur la pleine conscience ou "mindfulness". Contrairement à l’approche TCC qui est axée avec une méthode spécifique sur une crainte spécifique, la méthode mindfulness est une approche globale, non centrée sur le problème, mais qui a un effet à « large spectre », permettant de répondre à de nombreuses difficultés en même temps qui parfois n’étaient même pas identifiées par l’athlète. Voici ci-dessous différentes applications des techniques basées sur la pleine conscience :

 

Description des méthodes basées sur la pleine conscience :

-         la mindfulness consiste  à porter son attention de façon délibérée sans jugement de valeur et dans une attention ouverte sur le moment présent. Quand le stress nous fait anticiper des scènes futures ou ruminer des scènes passées et nous déconcentre de notre objectif (voire article 3), la mindfulness est un entraînement à ramener encore et toujours notre esprit là où nous souhaitons qu’il soit. Ce principe, simple en apparence, demande pourtant un certain entraînement avant d’être appliqué avec succès.

-         Un deuxième « principe actif » de la mindfulness est d’apprendre à considérer nos pensées comme de simples événements mentaux qui vont et qui viennent dans notre esprit et non comme des réalités à suivre aveuglément. Avec un peu d’entraînement là encore, nous pouvons voir avec plus de clarté l’ensemble des pensées et des craintes qui parfois nous submergent et apprenons à prendre du recul vis-à-vis d’elles. Ainsi, nous ne nous laissons plus guider par les vieux refrains de notre mental qui guident nos faits et gestes habituellement. Reste de la place dans notre cerveau pour considérer d’autres points de vue et d’autres façons d’agir et de réagir.

-         Par des exercices formels au cours desquels l’attention est portée vers le corps comme objet privilégié de concentration, la mindfulness vous amène à découvrir comment votre corps fonctionne, lui qui est le siège privilégié des émotions (dont fait partie le stress) et des tensions de nature physique ou psychologique. Force est de constater que le corps est parfois le grand oublié des sportifs eux-mêmes, souvent utilisé de façon utilitaire, comme objet à sculpter en fonction des objectifs de performance, dans une méconnaissance de certains de ses potentiels inexploités mais également dans le déni de certaines de ses limites. La mindfulness permet ainsi d’apprendre à faire confiance en la capacité de notre corps de trouver ses propres solutions et de s’adapter en toutes circonstances, ce qui est une habileté essentielle dans la discipline pugilistique ou la part d’imprévisible en compétition est prépondérante. Or, comme nous l’avons vu, le stress est une tentative d’adaptation qui tente d’exercer un contrôle sur ce qui est incontrôlable. On tente, en anticipant par la pensée le risque présumé, de trouver des solutions et de s’adapter. Pourtant, le pourcentage de chances pour que ce que l’on a anticipé se produise effectivement est minime. Notre tentative est donc, la plupart du temps, vouée à l’échec. La mindfulness nous invite à abandonner ces tentatives de contrôle lors de pratiques formelles et à simplement voir ce qui se passe. En lâchant le besoin de tout contrôler par l’activité cérébrale, la personne peut prendre confiance en ses propres ressources hors de sa capacité logique à tout résoudre par le raisonnement. La transposition avec la situation de compétition est la seconde étape, afin de pouvoir mettre à profit les enseignements tirés des expériences formelles de pleine conscience en compétition.

 

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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 12:07

Villebon[1]

 

 

De gauche à droite : Feu Laïd, l'arbitre de la soirée, Saïd Bouzid, Christophe Rocancourt, Farid Khider, Thomas Langman, Jérôme Lebaner, Nadir Allouache, Liesse Khider, Daniel Allouche, ... au bout à droite Francis Lalane et en bas au milieu, en costume cravate, l'organisateur, Ali Ouagani.

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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 11:40

Pourquoi sont-elles la plupart du temps inefficaces voire contre-productives ?

 

 

Rares sont les athlètes qui, si on leur pose la question de savoir s’ils sont stressés vous répondront : « ah oui, super stressé ! ».

Etre stressé, donc, ça ne se dit pas…voire, ça ne se pense pas. Car le sportif peut même croire que s’il reconnaît être stressé, c’est la porte ouverte à la peur et que la vulnérabilité comme la faiblesse vont totalement s’emparer de lui.

 

Que se passe-t-il donc quand les premiers signes du stress arrivent, juste avant une compétition par exemple ? Le sportif se sent fébrile, à l’impression d’avoir les nerfs à fleur de peau, il peut se sentir oppressé physiquement, transpirant, ayant le souffle court, ou encore la nausée, relâchement des sphincters et envie d’uriner, etc…Ce sont les symptômes physiques du stress qui sont propres à chacun d’entre nous. Dans sa tête, les images de son adversaire le hantent ou bien celles des officiels, ou encore celles de ses proches. Les pensées, parfois conscientes parfois non, sont la plupart du temps des croyances négatives entretenues par le sportif : « je ne suis pas capable », « je ne suis pas assez préparé », « je n’ai pas confiance en moi et ça se voit » ; « ils misent tous sur moi… » ; « mon adversaire à l’air de ne pas douter, lui », etc…

 

Face à tous ces symptômes physiques et psychologiques, que fait l'athlète ?

Il existe 3 grands types de réactions courantes face au stress :

-         la première est la capitulation face à ses propres croyances négatives d’échec : l’athlète est défaitiste, pessimiste concernant ses chances de gagner. Sa motivation plonge et il ne réagit pas. Ses capacités d’action chutent.

-         la deuxième réaction courante est l’évitement : l’athlète soumis au stress va éviter d’être confronté à ses propres croyances alarmistes : il va donc tenter d’en détourner son attention par tous les moyens : écouter de la musique, aller discuter avec ses amis, se disperser, faire le pitre, penser à autre chose. En adoptant uniquement cette stratégie, le sportif risque de perdre toute sa concentration, de négliger sa préparation, etc…

-         La troisième réaction enfin est la contre-attaque de ses croyances auto-défaitistes : préférer penser qu’on est le meilleur, et qu’il est impossible de perdre. Le sportif pris dans ce cas de figure risque là également de mal se préparer, de foncer et de ne pas prendre le temps et le recul nécessaires à une préparation méthodique et rigoureuse et qui prend en compte les risques de façon objective.

 

NB : la méthode COUE largement utilisée en psychologie du sport, peut, sans une prise en charge du stress efficace en amont, n’aboutir qu’à un renforcement des stratégies précédemment citées, notamment celle de l’évitement (on évite de penser à ce qui nous inquiète et on tente de se rassurer avec la pensée positive, mais les craintes persistent) et celle de la contre-attaque (se dire « tout va bien, je ne crains rien », et passer à côté de lacunes non repérées).

 

Sportifs stressés : soit vous vous retrouvez majoritairement dans une des 3 catégories, soit, ce qui est le plus probable, vous passez successivement par ces diverses phases tout au long de votre préparation. Vous pouvez ainsi traverser des moments de découragement et de fatigue liés au stress (capitulation), puis vous tâchez de vous persuadez que vous n’avez rien à craindre et replongez dans l’action (contre-attaque), puis quand le stress est à son comble et que vous êtes acculés, face à l’action, vous essayez de penser à autre chose (évitement) tout en espérant que ce soit enfin bientôt fini (capitulation).

 

Ces trois stratégies sont ce qui vous permettent de tenir, mais à quel coût ? En effet, l’énergie que vous mettez à lutter contre le stress est autant d’énergie en moins face à l’adversaire.

 

Alors que faire ?

La première étape pour une gestion du stress efficace est d’apprendre à reconnaître le stress et à l’accepter comme une réaction normale face à l’échéance. Ne plus avoir peur de ses propres réactions de stress et ne pas essayer de lutter contre elles par tous les moyens est primordial. Car reconnaître que l’on a eu la pensée « je ne suis pas au top » ne veut pas dire que l’on adhère à cette pensée et encore moins que cette pensée soit vraie (Pourtant, il suffit qu’on l’ait eue pour se mettre à stresser). Lutter contre ses propres croyances négatives ne peut se faire que si l’on accepte de les regarder en face, les yeux dans les yeux.

 

Ainsi, athlète stressé : votre premier adversaire à combattre efficacement, ce sont vos propres pensées négatives stressantes. Mais comme tout combat, celui-ci ne saurait se faire sans une préparation méthodique et structurée…

 

Comment s’y prendre ?

Pour le savoir lire le prochain article : Les mécanismes du stress.

 

 

 

 

 

 

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